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ça te dit une petite balade intellectuelle ?

L’esprit critique

L'esprit critique, du grec "kpiticoc" (« qui discerne »), est une attitude qui n’accepte aucune assertion sans s’interroger sur sa valeur et qui tient une proposition pour vraie seulement quand elle a été établie.

Portée de la critique
 
La critique signifie d'une façon générale le jugement démocratique au-dessus de la convenance d'un sujet pour les buts prévus, par opposition à la commande autoritaire.
La critique constructive est une forme de communication, dans laquelle une personne essaye de corriger le comportement des autres d'une manière non autoritaire, en maintenant la juste autodétermination individuelle et de la responsabilité personnelle d'autrui. Elle est une approche diplomatique au sujet de ce qu'une autre personne fait de socialement incorrect. Il est « constructif » par opposition à un commandement ou à une insulte et c'est considéré comme une approche paisible et bienveillante. L'étude participatoire en pédagogie se base sur les principes de la critique constructive.
La critique constructive est le processus d'offrir des avis valides, de bon sens et raisonnés au sujet du travail d'autres personnes avec l'intention d'aider le lecteur, l'artiste, ou le scientifique plutôt que de créer une attitude d'opposition. La critique d'art ou la critique scientifique peut également conduire respectivement à un nouveau mouvement artistique ou à une nouvelle théorie scientifique en utilisant la perspicacité pour montrer la valeur et la profondeur d'un modèle artistique ou scientifique.
Une perspective critique, dans ce sens, est l'opposé du dogmatisme. En philosophie le sens du mot a été défini par Emmanuel Kant, qui a écrit :
Nous procédons dogmatiquement avec un concept lorsque nous le considérons comme contenu sous un autre concept de l'objet, qui constitue un principe de la raison et que nous le déterminons conformément à celui-ci, ce procédé est celui qui est conforme à la faculté de juger déterminante. Mais nous le traitons simplement en critique si nous le considérons seulement dans la référence à nos facultés cognitives et par conséquent aux conditions subjectives de la pensée, sans s'engager à décider n'importe quoi au sujet de son objet. (Critique de la faculté de juger, Section II, Dialectique, §74, p210)

Définition de l'esprit critique

Avoir l’esprit critique, c'est être capable d'analyser les faits et leur attribuer un rang de priorité pour le traitement. On se fait une idée de la valeur du résultat. On s’arrête dans le parcours afin d'évaluer sa façon de procéder, et on se demande si le résultat a un sens.  ?
On examine la démarche, qui se doit rationnelle et rigoureuse, pour en faire ressortir les défauts et les qualités.
Les états caractérisant l’esprit critique sont l’analyse, le doute, l’appréciation, le discernement, l’évaluation, le jugement et la réflexion. Les antonymies de l'esprit critique sont la confusion, les textes ou idées abscons, la contradiction, la crédulité, le dogmatisme, le scientisme, la discontinuité et l’incohérence.
L'esprit critique est une approche objective qui réduit les erreurs possibles de jugement. C’est indispensable, plus honnête et bien plus enviable que d’être crédule ou crédible. Lorsqu’on est crédule, on prend le risque de se faire mystifier et de vivre d'illusions, c’est dangereux.
L’esprit critique est une démarche de remise en question des opinions et de leurs arguments, du vocabulaire utilisé, de la représentation du réel, de la source émettrice (personne, média, institution, expert, organisme, etc.).
Cette démarche peut permettre de les cerner, les distinguer, les situer par rapport aux débats, jusqu’à en démonter la logique. Ce qui est important c'est de ne pas sanctionner les erreurs, mais de les utiliser. Chacun doit être amené à construire et défendre ses propres opinions, de prendre conscience de la diversité des opinions et des sources d’information, puis de prendre conscience que l’argumentation est l’outil qui légitime l’opinion.
Principe de questionnement critique

Méthode de questionnement

Lorsqu'une information ne satisfait pas aux questions « qui, quoi, où, quand, comment, pourquoi », elle est considérée comme peu sûre et absconse.

Qui : l'auteur de l'information, les protagonistes mis en scène dans l'information, par qui, pour qui, contre qui.
Quoi : nature de l'information, caractéristiques.
: nationalité, provenance, source de l'information.
Quand : chronologie de l'information, liens de causalité, les anachronismes peuvent être décelés.
Comment : façon dont l'information est diffusée, moyen mis en œuvre, par assertions, arguments ou forme polémique, ensemble des méthodes qui visent à toucher le public, les contradictions peuvent être découvertes.
Pourquoi : motivations de l'auteur de l'information (altruisme, humanisme, manipulation, propagande idéologique, prosélytisme, marketing ou publicité lucrative, besoin de reconnaissance sociale...).
L'application de cette règle élémentaire de questionnement peut apporter d'excellents résultats.


Les méthodes de l'esprit critique

Reconnaître les artifices de l'imposture
•    L'argument d'autorité : prendre quelque chose pour vrai parce que la source fait autorité.
•    L'effet Boule de neige ou syndrome Popeye : principe des rumeurs, des légendes urbaines, des lieux communs et du bouche-à-oreille, où l'on répète ce que l'on a entendu.
•    L'effet Petits ruisseaux : les petits oublis et les erreurs fines donnent les grandioses théories.
•    L'effet Cerceau : cercle vicieux consistant à admettre au départ ce que l'on entend prouver.
•    L'effet Impact : utilisation de la connotation, le poids des mots est employé pour induire une idée différente de celle que les mots prétendent représenter.
•    L'effet Bi-Standard : modification des règles en fonction des réponses.
•    L'effet Bipède (ou syndrome de Pangloss) : raisonnement à rebours vers une cause possible.
•    L'effet Puits : plus un discours est creux, plus les auditeurs peuvent s'y reconnaître.
•    L'effet Cigogne : confusion de corrélation et causalité.
•    Le syndrome du poulpe : tendance à s'accrocher bec, ongles et tentacules à sa théorie.
•    Le syndrome de Galilée : toute personne qui adhère à une pseudo-théorie la considère presque toujours comme révolutionnaire, et en outre s'estime persécutée.

Principes critiques de base contre l'affirmation gratuite et superficielle

1.    L'analogie n'est pas une preuve.
2.    La bonne foi n'est pas un argument.
3.    Accorder toute son importance à l'incertitude d'un résultat.
4.    Une analyse globale ou statistique est souvent concluante.
5.    Une théorie scientifique est vérifiable, vérifiée et réfutable.
6.    L'origine de l'information, des sources, est fondamentale.
7.    La force d'une croyance peut être incommensurable.
8.    Prudence dans l'interprétation.
9.    Distinguer ce qui nous paraît vrai de ce qui nous plairait qu'il soit vrai.
10.    Un scénario n'est pas un fait, ni une loi.
11.    Le mode de rejet des données est significatif.

Oublis à ne pas commettre

•    Au travers du faisceau de preuve, la réunion de plusieurs arguments suspects n'est pas une preuve solide.
•    Ne jamais dire jamais.
•    Eviter le "j'y crois donc c'est vrai".


Exemple d'analyse critique

•    La muraille de Chine est visible depuis la Lune ou au moins visible depuis l'espace.
Tout le monde un jour a entendu cette fameuse affirmation. On se dit qu'elle peut être vraie, puis on finit par se dire tout le monde sait que c'est vrai et l'affirmation s'érige en "vérité" acquise, mais celle-ci est juste devenue une idée préconçue, un préjugé.
L'hypothèse de la visibilité de la muraille de Chine depuis l'espace a cependant le mérite d'être scientifique parce que mathématiquement démontrable. L'affirmation n'a pas le mérite d'être véridique tant qu'elle n'a pas été vérifiée. La vérification est l'objet de l'analyse critique.
Une recherche simple à mettre en œuvre ne prend que 10 minutes. L'esprit critique ne prend pas forcément plus de temps que les croyances populaires.

Quels éléments sont exploitables dans l'expression "voir la muraille de Chine depuis l'espace" ?

•    En premier lieu, l'acuité visuelle de l'œil humain. On apprend par la documentation médicale que le pouvoir séparatoire de l'acuité visuelle est un angle de 1 minute d'arc, soit un angle d'un soixantième de degré.
•    En second lieu, la documentation indique que la largeur moyenne de la muraille de Chine vaut de 5 à 7 mètres.

Les données sont exploitables, le calcul peut commencer.
•    L'altitude maximale où la muraille est visible à l'œil nu sera noté D.
•    La largeur moyenne de la muraille de Chine sera notée L.
•    L'angle limite d'acuité visuel, de valeur de 1 minute d'arc, sera noté A (exprimé en degré, soit un soixantième de degré).
On supposera qu'un observateur se place à l'altitude D, il observe donc à l'œil nu la muraille de largeur L. L'altitude D est le rayon d'une circonférence C qui est tangente au sol, telle que C = 2pD. On cherche donc à établir un rapport trigonométrique de façon à ce que la largeur de la muraille soit perçue à la limite de l'acuité visuelle humaine lorsqu'on prend de l'altitude.
 
On détermine l'altitude D = 20626 mètres avec une marge de 17%.

On voit ici par le calcul que la muraille de Chine est visible à l'œil nu (acuité visuelle de 10/10) jusqu'à environ seulement 21 km d'altitude, c'est-à-dire jusqu'à la stratosphère terrestre. La muraille de Chine est donc imperceptible à l'œil nu depuis l'espace (à 300 km), et encore moins depuis la lune (384400 km).

Conclusion de l'analyse critique

La prétention que les astronautes puissent voir la muraille de Chine depuis l'espace ou la lune est un canular. Sans vérification avec un minimum de rigueur et d'objectivité, l'esprit humain peut être leurré par la mystification.

Source: wikipédia encyclopédie libre

L’obscurantisme scientifique

 

 

Aujourd’hui, l’obscurantisme n’est plus religieux mais scientifique, à cause des conséquences qu'il introduit dans notre vision du monde. Il serait prêt à tout faire pour retarder la réalisation de nouvelles découvertes qui attirent l'attention sur des évidences croissantes en faveur de la réalité d'un nouveau paradigme scientifique dont l'importance serait comparable à celle du passage du Moyen Âge à la Renaissance.

 

Définition de l’obscurantisme 

 

Dans le dictionnaire, l’obscurantisme est défini comme le refus du progrès, et l’opposition à la diffusion des connaissances au nom d'un présupposé idéologique : on est si convaincu de détenir la vérité (et toute la vérité) que n'importe quelle autre approche de la réalité nous paraît inacceptable. Et l'on a des certitudes si fortes que même si les faits les contredisent, on va continuer a nier les faits,et refuser même toute tentative de débat.

 

L'obscurantiste scientifique sait (on sait pas comment ?) qu'il n'y a qu'une seule forme de rationalité qui soit compatible avec une connaissance "  vraie " du monde : le matérialisme méthodologique. C'est la raison pour laquelle les matérialistes pensent que :

Premièrement : toute interrogation sur le sens, la signification, le pourquoi des choses à partir de données scientifiques lui paraîtra une abomination.

Deuxièmement :  toute découverte scientifique, susceptible de renforcer une conception non matérialiste du monde, sera niée.

Bien qu'il soit vêtu des habits de la rigueur et l’objectivité, la démarche de l'obscurantiste scientifique est la même que celle de l'homme religieux : nier des évidences au nom d'une conception dogmatique de ce que doit être la vérité absolue( s’il en existe une ?)

 

Méthodes obscurantistes : Ce nouvel obscurantisme repose sur 3 Méthodes essentielles :

1) Le refus de reconnaître l’existence l’autre :

 

par exemple, "tous les biologistes sont automatiquement darwiniens". Il en découle le refus (totalement non justifié) de débattre avec l’autre car ce serait reconnaître qu’il existe.

2) Le frein de la liberté d’expression :  

 

pour poursuivre notre exemple, il y a de plus en plus de biologistes « non darwiniens », on dira que "tous les biologistes sérieux sont darwiniens" et l’on criera au scandale si une grande revue scientifique laisse s’exprimer un "hérétique" au milieu d’une foule "d’orthodoxes". Même si "l’hérétique" a objectivement des références scientifiques, on continuera d’affirmer qu’il n’est pas "sérieux". Il découle de ce deuxième refus un frein à la liberté de recherche. On suspendra un "hérétique" pour manque de résultats après avoir supprimé les financements qui lui auraient permis d’obtenir ces résultats.

3) L’assimilation et la désinformation :

 

Quand on ne pourra plus nier l’existence de l’autre ni son importance, c’est-à-dire quand le nouveau paradigme aura pris suffisamment d’ampleur, on va essayer de le "diaboliser" en ayant recours à l’amalgame. On lui jettera au visage des qualificatifs destinés à le discréditer "New Age", "Fondamentaliste", "Fasciste", «Créationniste» …etc.