Sur le chemin de la vérité !

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Le concordisme entre révélation et science

 

Le concordisme est une approche qui tend à faire concorder les écritures sacrées avec les résultats de la science. A chaque fois qu'une nouvelle découverte scientifique est annoncée, les concordistes tentent de faire le lien entre les textes sacrés avec cette découverte afin de valider le bien fondé des textes en question.

De manière rétrospective, le concordisme se base pour établir la véracité d'une révélation; sur de nouvelles interprétations des écritures, de celles-ci étant attribué à l'état pré-scientifique et omniscient de celui qui les a inspirées c'est à dire à Dieu.Pour autant nous n'avons jamais pu prédire une seule découverte scientifique à partir d'un texte sacré !. 

 

1/ LA BIBLE ET LA SCIENCE



La Bible  renferme  de nombreuses erreurs scientifiques. Le simple examen de la Genèse suffit pour établir l'existence de ces erreurs et contradictions


a) Les erreurs


(1:27) Dieu commence par créer la Terre, puis la lumière, puis les mers, puis les végétaux puis les étoiles et la Lune puis les animaux puis l'homme et la femme.

Le moins que l'on puisse dire, c'est que les rédacteurs se sont trompés sur toute la ligne: on sait aujourd'hui que les étoiles sont nées (dont le soleil) puis la Terre et la Lune puis les mers puis les végétaux et les animaux puis l'homme.

La Genèse correspond à la vision des auteurs de l'époque mais n'a rien à voir avec la réalité;

(1:31 )Dieu créé tout ça en 6 jours! il y a quelques milliers d'années (environ 6000 d'après les théologiens).

C'est très éloigné de la réalité, même en comptant large.


On sait aujourd'hui qu'il a fallu des milliards d'années: d'abord pour la formation de l'univers, puis des étoiles comme le Soleil, des planètes comme la Terre puis des mers et des océans, la naissance de la vie qui n'a cessé de se complexifier (les fossiles le prouvent) et enfin l'homme.

 

La Bible affirme aussi que c'est le soleil qui tourne autour de la terre, comme lors des miracles les plus absurdes que l'on peut imaginer où l'on voit Elie faire reculer le soleil de dix degrés, pour spécifier à qui de droit qu'il augmente sa vie de dix années 

 

(Isaïe 38:8)  Je ferai reculer de dix degrés en arrière avec le soleil l’ombre des degrés qui est descendue sur les degrés   d’Achaz. Et le soleil recula de dix degrés sur les degrés où il était descendu.

 


Ces passages ayant servi notamment au procès Galilée pour démontrer la fausseté de la théorie héliocentrique. 



b) Les contradictions

 

L’homme est créé avant les animaux 

 

 (Genèse 2:18-19) Et l’Eternel Dieu dit, Il n’est pas bon que l’homme soit seul; je lui ferai une aide qui lui corresponde.  Et l’Eternel Dieu forma de la terre tous les animaux des champs et tous les oiseaux des cieux, et les fit venir vers l’homme pour voir comment il les nommerait; et tout nom que l’homme donnait à un être vivant fut son nom.

 

 

L’homme est créé après les animaux

 

 (Genèse 1:25-26)  Et Dieu fit les bêtes de la terre selon leur espèce, et le bétail selon son espèce, et tout reptile du sol selon son espèce. Et Dieu vit que cela était bon. Et Dieu dit, Faisons l’ homme à notre image, selon notre ressemblance, et qu’ils dominent sur les poissons de la mer, et sur les oiseaux des cieux, et sur le bétail, et sur toute la terre, et sur tout animal rampant qui rampe sur la terre. 




2/ LE CORAN ET LA SCIENCE



Une école populiste est apparue au début du XXème siècle et a surgi en force durant le demi-siècle dernier ; elle a acquis de très nombreux adeptes dans le monde musulman où la production et consommation de livres faisant des liens et parallèles directes et explicites entre les découvertes scientifiques contemporaines (dans beaucoup de domaines) et les versets coraniques sont très fortes, alors que la lecture et l’édition (sérieuses) ont chuté de manière vertigineuse.Les maîtres à penser de cette école, parmi lesquels nous citerons Bashir Turki (physicien, professeur d’université tunisien), Adnan Oktar (académicien turc), Abdelmajid al-Zandani (homme de religion et politique yémeni, ayant reçu une formation en pharmacie) et Abdulrahman Khudr (professeur, scientifique et écrivain saoudien), soutiennent que le Coran – et même, dans un développement récent encore plus alarmant –, la tradition orale du Prophète Mohamed, contiennent des descriptions extraordinairement précises et correctes de phénomènes naturels et cosmiques, descriptions qui précédent dans leur formulation les découvertes par la science de quatorze siècles.

Par manque d’espace, nous ne donnerons qu’un seul exemple de ce genre d’approche dit «  concordiste ». vous pouvez visiter le site Internet de l’académicien turc M. Adnan Oktar : http://www.miraclesducoran.com

 

Dans la pensée traditionnelle de l’Islam, le Coran contient les ’’principes premiers de la science’’. Dans cette tradition, la science a objet de comprendre et décrire le monde dans sa globalité, y compris ses aspects métaphysiques, et non pas seulement les phénomènes temporels, qui eux relèvent de l’expérimentation et de la pratique rationnelle.

 

Un lecteur non averti du Coran sera frappé par le nombre de références explicites relatives à la Nature et aux phénomènes liés à l’Univers physique. Il y a trois fois plus (750 versets) de citations coraniques relatives à l’observation et la méditation de la création dans tous ses aspects (le mot ciel/cieux est cité près de 300 fois!), qu’aux injonctions à caractère moral ou rituel. Le Livre insiste sur l’argumentation par la nature pour convaincre (les autres et soi-même) de l’Omnipotence de Dieu et de son Omniscience, son existence étant considérée en Islam comme évidente et naturelle (innée). La façon dont l’Univers fut créé constitue l’argumentation coranique de base pour démontrer que Dieu est la cause première de la création. Il est toutefois important de noter que le mot Univers/Cosmos ("kawn" en arabe) n’existe pas dans le Coran. C’est plutôt le mot "khalq", qui signifie création, qui est utilisé. On relèvera que le mot "kawn" dérive de "kun" qui signifie littéralement "être" ou plus exactement "sois". La Création (donc l’Univers) vient à l’existence après l’ordre divin "Kun" (Soit)! Le mot "kawn" (univers) devient donc synonyme d’Existence ou d’Etre, une identification fondamentale dans la doctrine d’Ibn-Arabi examinée ci-dessous. Enfin, il faut dire que le Coran soutient l’idée que l’existence de l’Univers est subordonnée à celle de l’Homme, une idée remise à jour par le "Principe Anthropique" et longuement discutée dans les milieux scientifiques durant les dernières décennies. Cette notion anthropocentriste, qui découle d’une interprétation littérale du Coran, rejoint celle contenue dans la Bible.

 

Le Coran insiste de manière pertinente sur la contemplation et la réflexion autour des phénomènes cosmiques à toutes les échelles. Pour illustrer ce point, nous avons sélectionné deux passages particulièrement intéressants :

 

« Certes dans la création des cieux et de la terre, dans l’alternance de la nuit et du jour, dans le navire qui vogue en mer chargé de choses profitables aux gens, dans l’eau qu’Allah fait descendre du ciel, par laquelle Il rend la vie à la terre une fois morte et y répand des bêtes de toute espèce, dans la variation des vents, et dans les nuages soumis entre le ciel et la terre, en tout cela il y a des signes, pour un peuple qui raisonne.  S 2 , V164 »


 

« En vérité, dans la création des cieux et de la terre, et dans l’alternance de la nuit et du jour, il y a certes des signes pour les doués d’intelligence, qui, debout, assis, couchés sur leurs cotés, invoquent Allah et méditent sur la création des cieux et de la terre (disant) : Notre Seigneur ! Tu n’as pas créé cela en vain. Gloire à Toi ! Garde-nous du châtiment du Feu. S3,V190

 

Si le Livre encourage l’Homme à acquérir la connaissance par l’observation et la réflexion, toutefois il faut noter que  les informations relatives à l’Univers dans le Coran s’y trouvent de manière diffuse et éparse et même s’il ne contient pas de chapitre "Genèse", le Coran rapporte la création de l’Univers en "six jours" ainsi que le fait que Dieu ait créé "sept cieux".

 

Il serait évidemment très naïf d’avancer une interprétation littérale des versets évoquant la création et la structure des cieux. Car d’autres passages indiquent aussi que la durée d’un seul jour dans "auprès de Dieu" équivaut à 1000, voire 50 000 années terrestres.



CONTRADICTIONS  OU RELATIVITÉ DE L'ESPACE TEMPS ?



« Cependant, un jour auprès de ton Seigneur, équivaut à mille ans de ce que vous comptez. S22, V47 »

 

« Du ciel à la terre, Il(Dieu) administre al-Amr (l'ordre divin), lequel ensuite monte vers Lui en un jour équivalant à mille ans de votre calcul. S 32,V5 »

 

Et dans un autre verset

 

« Les Anges ainsi que l'Esprit montent vers Lui en un jour dont la durée est de cinquante mille ans. S70,v4 »

 

S’ agit-t-il là de contradictions ou c'est une allusion à la relativité de l’espace-temps !

 

On remarque que dans les deux premiers versets qu'il s'agit de l’équivalence en temps auprès du Dieu ou de l'administration de  son ordre qui est l'équivalent de 1000 ans terrestres. Cependant le temps que fait l’Esprit et les anges dans leur voyage céleste serait équivalent à 50 000 ans.


Donc pas de contradiction quand on analyse bien les versets.


Enfin, un dernier exemple qui illustre la difficulté d’interpréter les versets coraniques liés aux questions cosmiques concerne la précédence de la création des Cieux et de la Terre. Cette question fut largement débattue par les exégètes musulmans, dès lors que le Coran présenta des versets apparemment contradictoires à ce sujet:

 

« C’est Lui qui a créé pour vous tout ce qui est sur la terre, puis Il a orienté Sa volonté vers le ciel et en fit sept cieux. Et il est Omniscient. S 2 ,V29» 

 


 « Êtes-vous plus durs à créer ? Ou le ciel, qu’Il a pourtant construit ? Il a élevé bien haut sa voûte, puis l’a parfaitement ordonné ; Il a assombri sa nuit et fait luire son jour. Et quant à la terre, après cela, Il l’a étendue. S79,V 27  » 

 


Ci-dessus la contradiction n'est qu’apparente en réalité, la confusion est sans doute liée au fait que le terme ciel (al samaa)en arabe est polysémique, il peut désigner tantôt l'univers tantôt le ciel le plus (al samaa al dounia) c'est à dire la stratosphère composée de 7 couches qui est  visée par le verset 29 de la sourate 2; d'où la chronologie terre ===> ciel.


Pour l'autre verset(S79/v27) le mot ciel  ici renvoie au univers/cosmos dans sa globalité, cette compréhension est fortement suggérée par le contexte textuel du verset, ici la chronologie correspond à la théorie standard du Big-bang ( Ciel de fumée ===> terre )

 

Par ailleurs concernant la question du futur de l’univers, le Coran, à l’instar d’autres messages religieux, présente une eschatologie de l’Homme. Qu’en sera-t-il de l’Univers lorsque l’Homme disparaîtra de sur Terre pour être jugé de ses actions (Jour du Jugement)?


En fait, la fin de l’espèce humaine coïnciderait avec une sorte de cataclysme à l’échelle terrestre, bien que d’autres versets font allusion à un cataclysme à l’échelle cosmique. Dans le premier cas, une espèce de séisme global détruirait l’espèce humaine sur Terre ; dans le second, on assisterait à divers phénomènes astronomiques: éclipse luni-solaire, cieux "pliés" et changés de "couleur", etc... Il serait encore naïf de voir à partir de ces versets un scénario clair du destin de la Terre et de l’Univers. Il reste à souligner, toutefois, l’aspect anthropique de la fin (comme de la création) de l’Univers selon le Coran.

 

Dans son livre intitulé ’’L’homme dans l’Univers, dans le Coran, et dans la Science’’, publié (en langue arabe) en 1983, Abdulrahman Khudr écrit : « Le début a en effet été comme l’a décrit le Coran. Il y a eu des grains de poussière interstellaires [et l’auteur de rajouter l’expression ’’originelle’’ en langue anglaise : ‘interstellar dust grain’]... Le rassemblement de ces particules n’a été - apparemment - que pour ’’séparer’’ les éléments chimiques dans la matière de l’univers... Et c’est ainsi que les scientifiques ont découvert que les atomes de ce gaz/’fumée’ [le Coran décrit les cieux ’’anciens’’ comme ’fumée’], dont le Coran nous avait informés depuis environ 1400 ans, est la seule méthode de formation des plus grands objets solides dans l’univers, y compris les étoiles. Gloire donc à Dieu, le plus véridiques des informants... »

 

Khudr conclut alors: « Je suis convaincu que le Coran n’a laissé aucun phénomène cosmique ou naturel auquel il n’a pas fait référence. »



Mohamed Talbi, dans sa partie de l’ouvrage « Réflexions sur le Coran » nous rappèle [2] qu’une telle affirmation, portée comme-ci à l’extrême jusqu’au ridicule, remonte au grand Al-Ghazali (1058-1111) lui-même ; en effet celui-ci écrivait : « N’est-il donc pas parvenu à tes oreilles que le Coran est l’Océan sans limite d’où se ramifient toutes les sciences des hommes du début jusqu’à la fin des temps ? [3]». Al-Gazali avait, il est vrai, précisé plus tard que le Coran contenait ces sciences « de manière globale ». Un autre grand exégète, Al-Suyuti (1445-1505) avait été encore plus catégorique : « Et moi je dis : Le Livre de Dieu Tout Puissant contient toute chose. Quant aux sciences, pas un seul de leurs chapitres, pas un seul de leurs problèmes fondamentaux, dont on ne trouve dans le Coran quelque chose qui y renvoie. On y trouve les merveilles de la création, les trésors des Cieux et de la Terre, ce qui est dans les lointains horizons, tout comme ce qui est enfoui dans le sous-sol. [4].



 C’est ce genre de traité, qui ne mérite pas de discussion de notre part, que nous trouvons très souvent dans la littérature de cette école pseudo-scientifique.



 Il suffit de noter d’ailleurs que de grands philosophes et savants de l’Islam, de Mohamed Arkoun à Mahmoud Shaltut, qui fut en son temps recteur d’Al-Azhar (la plus célèbre université de théologie du monde musulman) l’ont rejetée purement et simplement;



 Shaltut écrivit en effet : « Cette façon de considérer le Coran est sans aucun doute erronée. Elle est erronée car Dieu n’a pas révèle le Coran pour en faire un livre où il expose aux hommes les théories scientifique s, les arcanes des techniques, et les diverses branches du savoir. Elle est sans aucun doute erronée car elle pousse ses partisans et ses amoureux à solliciter à l’excès le texte coranique au point de desservir le concordisme et de choquer le bon sens. Elle est aussi erronée car elle expose le Coran à graviter dans l’orbite des sciences en tout temps et en tout lieu. Or en matière de science, il n’y a ni constance, ni permanence, ni opinion définitive. Il arrive que ce qui est aujourd’hui certitude, soit rangé demain parmi les légendes. » [5]



Par contre, nous aimerions attirer l’attention des lecteurs, musulmans ou non, sur ce qui nous paraît une remarque fort intéressante de la part de Maurice Bucaille [6] à propos de la description de la création et du cosmos dans le Coran : le fait qu’aucune des superstitions ou des « enseignements » bibliques qui prévalaient au temps de Mohamed ne se trouvent dans le Coran. C’est peut-être la, tout simplement, l’I`jaz  du Coran.

 


Bibliographie

[1] “Le Saint Coran en ligne en 4 langues : http://www.le-coran.com

 

[2] Mohamed Talbi et Maurice Bucaille, Réflexions sur le Coran, Seghers, 1989, p. 56.

 

[3] Al-Ghazali, Jawahir al-Qur’an, Dar al-Afaq al-Jadida, Beyrouth, 5e ed., 1981, p. 8 (cité et traduit par Talbi).

 

[4] Al-Suyuti, Al-Itqan, ed. Al-Matba`a al-Hijaziyya al-Misriyya, Le Caire, 1949, p. 129 (cité et traduit par Talbi).

 

[5] Mahmoud Shaltut, Tafsir (commentaire du Coran), Dar al-Shuruq, Le Caire, 1979 (cité et traduit par Talbi).

 

[6] Maurice Bucaille, célèbre surtout pour son ouvrage “La Bible, le Coran et la Science” qui a eu une vingtaine d’éditions francaises depuis sa première publication en 1976 chez Seghers, fait cette remarque dans sa partie de son ouvrage commun avec Mohamed Talbi (p.202).